Avec une selection des oeuvres de :
A l’occasion de la conférence internationale sur le climat "COP21", Samuel Le Paire Fine Art a le plaisir de vous présenter sa nouvelle exposition Par nature artificielle. Un dialogue artistique en parallèle au dialogue politique sur le rapport de l'être humain à la nature.
L’opposition sémantique de l’Art à la Nature, par son appartenance au domaine de la culture, invite à cette confrontation entre l’artificiel et le naturel ; un choix également fruit du constat sur le lien que l’humain entretient avec son environnement.
« Ce qui empêche l'homme d'accéder au bonheur ne relève pas de sa nature, mais des artifices de la civilisation ».
Tristes Tropiques
Claude Lévi-Strauss
L’homme semble avoir eu la nécessité de choisir et de construire un habitat dont les murs l’ont coupé du monde naturel ; une dualité entre interne et externe interrogée par le génie minima-conceptuel de Dan Graham et exprimé dès l’intitulé : Interior Space/ exterior space (1974). Cet acte de repli est-il révélateur du besoin de s’approprier un territoire? Ou est-il l’expression d’une peur, qui définirait alors la nature comme hostile et dangereuse? Deux possibilités qui n’excluent pas la fascination constante que la nature exerce sur l’homme. L’art se dessinerait alors comme une recherche perpétuelle de sublimation du monde que l’on s’est créé à l’abri de nos murs ; un portail vers l’esprit humain où la frustration de cette nature perdue est toujours latente, soit dans sa recherche, soit dans son rejet. Ainsi, dans l’univers psychédélique et psychologique de Yayoi Kusama, une citrouille parée de pois devient une sorte d’autoportrait (Pumpkin, 1998). Une thématique chère à Cindy Sherman qui nous présente dans une photographie quasi-mystique (Untitled #154, 1985) et par le biais de son image travestie, une parfaite illustration de l’artifice humain. Un artifice rejeté par Paul McCarthy qui, en copulant avec un arbre, dans une étude liée à la performance Fucking a Tree (1992),ramène l’homme à son instinct animal et exprime ce rapport parfois violent qu’il entretient avec la nature et à la vie. Dans Amazonas Path (2013), Luzia Simons filme sa progression dans la forêt amazonienne, comme un archéologue des origines.
Ces propos sont enrichis par des œuvres de Gilles Aillaud, Jules de Balincourt, Tim Gardner, Giuseppe Gallo, Jan Kopp, Marlène Mocquet, Djordje Ozbolt, Ruud Van Empel. Autant de regards singuliers qui nous raconte, peut–être, que l’homme est par nature artificiel.
Commissariat réalisé avec la précieuse collaboration de Sarah Mourat.